Provenance du Tableau

La provenance du Christ portant la Croix reste partiellement documentée. En l’absence d’inventaire ancien ou de chaîne de possession continue, son parcours ne peut être reconstitué qu’à partir d’indices matériels : restaurations, inscriptions au verso, sceau de cire rouge et analyses techniques.

Années 1960 : redécouverte du personnage de droite

Les premiers jalons documentés remontent aux années 1960, lors d’interventions de restauration. La suppression d’une couche sombre a révélé le personnage secondaire placé à droite du Christ, modifiant sensiblement la lecture iconographique de l’œuvre.

Marques et inscriptions (verso)

Le verso conserve plusieurs marques aniennes : une inscription « Salaj / ? » gravée dans le bois, des tracés à l’encre noire comprenant notamment « Salajno » et « Leonardo », ainsi qu’un sceau de cire rouge.

Voir la page dédiée :  Verso du panneau.

Red wax seal on the reverse of the painting under study

Sceau de cire rouge

– MANIFAT. DI ROMA — 1814
– Relevé sur 10 autres œuvres connues

L’inscription « Asta » (recto)

La mention « Asta », visible au recto, renvoie probablement au terme italien désignant une vente aux enchères. Elle pourrait ainsi signaler un épisode de circulation marchande, sans en préciser à elle seule la date ni le contexte.

Cadre chronologique du support

La datation radiocarbone situe l’abattage du bois entre 1470 et 1650 à 95,4 % de probabilité. À l’intérieur de cette fourchette, la distribution n’est pas uniforme et présente des concentrations plus marquées autour de certaines décennies, notamment vers 1500–1550, selon la courbe de calibration.

Cette donnée concerne le support en peuplier, non la date exacte d’exécution de la peinture.

Indices d’une peinture de dévotion

Le format du panneau, le cadrage serré sur le Christ et l’absence de décor narratif développé correspondent au type d’images destinées à la dévotion privée, largement diffusées en Italie du Nord aux XVe et XVIe siècles.

Le professeur Maurizio Seracini a proposé d’interpréter les traces verticales visibles sur le dos du Christ comme de possibles effets de flammes de bougies placées en contrebas. Si cette hypothèse est retenue, elle renforcerait l’idée d’un usage dévotionnel concret de l’œuvre.

Le recouvrement ancien du personnage de droite et l’ajout postérieur du nimbe, mis en évidence par l’analyse technique, témoignent quant à eux de modifications anciennes de la présentation de l’image.

Vertical traces on Christ’s back

Dos du Christ (détail)

Traces verticales visibles

Vertical traces on Christ’s back, with candle-burn hypothesis

Traces verticales (interprétation)

– Effet de flammes (bougies) ?
– Usage dévotionnel ?

© 2026 christcarryingthecross.com – All rights reserved