Iconographie du Christ Portant la Croix

Le Tableau appartient au thème du Christ portant la Croix, très diffusé à la Renaissance. Son intérêt ne tient pas seulement au sujet, mais surtout à la présence d’un second personnage, absent des versions milanaises les plus connues.

L’analyse prend pour point de départ le Dessin de la Tête du Christ de Venise, généralement reconnu comme le modèle de référence de plusieurs versions milanaises du Christ portant la Croix. Voir l’étude complète « Iconographie » : Iconographie, étude complète.

Les Christs portant la Croix de Giampietrino

Cinq versions sont aujourd’hui attribuées à Giampietrino ou à son atelier. Parmi elles, les tableaux de Londres, Budapest et Turin forment un groupe particulièrement homogène par leurs dimensions, leur cadrage et leur construction. Leur structure est très proche de celle du Tableau, à l’exception du Personnage.

Le National Gallery Technical Bulletin indique que cette composition dérive d’un modèle léonardien identifié au dessin de la Tête du Christ de Venise. Ce point est essentiel : il relie directement le groupe Giampietrino à un prototype léonardien reconnu.

Ces versions constituent donc le comparant principal du Tableau. Elles montrent à la fois une parenté de construction et une différence majeure, puisque Le Tableau introduit un second protagoniste absent de ce groupe.

Voir la page dédiée : Giampietrino et le Christ Portant la Croix

The Painting and Giampietrino's versions from London, Budapest and Turin

Le Tableau avant découverte du Personnage et trois versions de Giampietrino

– Trois peintures proches du Tableau
– Carton commun possible

Le Christ portant la Croix attribué à Andrea Solario

Le Christ portant la Croix conservé autrefois à Berlin puis à Magdebourg, aujourd’hui détruit, a longtemps été tenu pour une œuvre de Solario. Il n’est plus connu que par une documentation ancienne et une photographie d’archive.

La comparaison avec les versions sûres de Giampietrino met toutefois en évidence plusieurs divergences : inclinaison de la tête, longueur du cou, volume du menton, traitement de la croix et de la robe. Ces écarts conduisent à l’écarter du groupe homogène de Giampietrino.

Cette œuvre doit donc être regardée comme une version indépendante, peut-être liée à Solario ou à son entourage, plutôt que comme une simple variante du groupe milanais principal.

Archival photograph of the Christ Carrying the Cross formerly attributed to Andrea Solario, once in Berlin and later destroyed

Christ Portant la Croix attribué à A.Solario

– Détruit en 1945
– Attribué à A. Solario (Musée de Berlin)
– Divergences significatives avec Giampietrino

Autres échos dans le milieu léonardien

Le Rapt de Proserpine

Les deux versions étudiées du Rapt de Proserpine présentent des correspondances morphologiques précises avec Le Tableau : proximité entre Proserpine et Le Personnage, analogies entre Pluton et le Christ, similitudes dans les contours, les regards et le traitement de la lumière. L’hypothèse d’une source commune peut donc être envisagée.

Adam et Ève

Le visage d’Adam, attribué à Giampietrino, prolonge le même type expressif. Il confirme la diffusion, dans le milieu léonardien, d’un modèle proche de celui du Christ du Tableau.

Retable de San Magno

Dans le retable de San Magno, l’ange incliné présente des affinités nettes avec Le Personnage : inclinaison de la tête, douceur du modelé, structure des yeux et du menton. Ce rapprochement ne prouve pas un lien direct, mais situe Le Tableau dans une même manière de représenter les visages, propre au milieu milanais influencé par Léonard.

La Cène de Plautilla Nelli

Le rapprochement avec Jean dans La Cène de Plautilla Nelli reste plus indirect. Cette œuvre, plus tardive et datée de 1568, montre surtout la diffusion prolongée de certains types léonardiens au-delà du cercle milanais initial.

Conclusion

L’iconographie du Tableau s’inscrit dans un réseau de comparaisons centré sur le dessin de la Tête du Christ de Venise et sur les versions de Giampietrino. D’autres œuvres du milieu léonardien montrent que ce type expressif a circulé sous des formes diverses. Le Tableau s’en rapproche, tout en s’en distinguant par la présence du Personnage et par certaines particularités propres.

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