Les Christs portant la Croix attribués à Giampietrino constituent le point de comparaison le plus direct avec Le Tableau. Les versions de Londres, Budapest et Turin dérivent d’un même schéma, lui-même rattaché au Dessin de Venise, reconnu par la National Gallery et plusieurs historiens de l’art comme la source de cette série. La proximité formelle avec Le Tableau tient précisément à cette structure commune du Christ, transmise avec une grande fidélité dans le groupe Giampietrino.
L’enjeu est donc de déterminer si Le Tableau relève de la main de Giampietrino, ou s’il correspond à une exécution distincte fondée sur une source commune. Les analyses détaillées sont développées dans les pages du sous-menu.
Les versions homogènes
Les versions de Londres, Budapest et Turin forment un groupe homogène par leurs dimensions, leur cadrage et leur construction. Les superpositions à partir des images infrarouges montrent une coïncidence quasi parfaite de la figure du Christ, compatible avec l’usage d’un même carton.
Ce premier ensemble constitue le noyau le plus stable de la série. Les versions de format supérieur, notamment à Vienne et à Milan, relèvent d’un second groupe, traité dans la page Versions homogènes.
Un carton commun
La National Gallery a déjà proposé qu’un même carton ait servi pour Londres et Budapest ; l’ajout de Turin renforce cette hypothèse.
Dans cette logique, le carton ne constitue pas une source autonome, mais un instrument de transmission : Dessin de Venise → carton → versions peintes. Le Dessin de Venise fournit ainsi le modèle, tandis que le carton en assure la reprise fidèle dans le groupe Giampietrino.
Comparaison avec le Tableau
Les superpositions des lignes directrices montrent que Le Tableau partage avec les versions de Giampietrino une structure très proche, compatible avec l’usage d’un carton commun ou d’un modèle intermédiaire dérivé du Dessin de Venise. Cette parenté explique que l’hypothèse « Giampietrino » ait pu être envisagée sur la seule base de la composition.
L’analyse détaillée fait toutefois apparaître une exécution différente. Plusieurs écarts récurrents distinguent Le Tableau des versions attribuées à Giampietrino : construction de l’avant-bras, implantation de la chevelure, ajout postérieur du nimbe, traitement de l’assemblage de la croix, rendu des veines du bois et contraste radiographique. Ces différences sont développées dans les pages du sous-menu de Comparaison avec Le Tableau.
Au-delà des ressemblances structurelles, Le Tableau ne relève donc pas de Giampietrino. Celui-ci apparaît plutôt comme le diffuseur fidèle d’un modèle léonardien commun.
Superposition des tracés
La parenté structurelle n’exclut pas une exécution distincte.





