Discordance de la raie de la chevelure dans la représentation de la tête du Christ
La superposition des images infrarouges met en évidence une discordance : malgré une bonne cohérence des contours de la tête, la raie de la chevelure ne coïncide pas. Or, dans une tête de trois-quarts, sa position et son orientation sont un indicateur utile de la construction dans l’espace. Chez Giampietrino, la raie apparaît placée plus en arrière et légèrement décalée par rapport au Tableau, ce qui tend à donner une lecture plus frontale de la tête.
Du Dessin de Venise aux versions de Giampietrino : un décalage significatif de la raie
Il convient de rappeler que le Dessin de Venise de Léonard de Vinci est reconnu par les historiens de l’art comme la source du modèle utilisé par Giampietrino, et, par conséquent, comme une référence indirecte pour Le Tableau.
On visualise ce décalage en traçant une verticale depuis la naissance de la raie. Dans Le Tableau, comme dans le Dessin de Venise cette verticale tombe sur le coin de l’œil droit du Christ. En revanche, dans les versions de Giampietrino, elle est décalée vers la droite : elle traverse systématiquement le milieu de l’œil. Autrement dit, Le Tableau reste en phase avec le Dessin de Venise, tandis que les versions de Giampietrino déplacent légèrement le repère de la raie.
Orientation de la raie de la chevelure par rapport à l’axe central
La raie du Tableau (en vert) s’oriente comme dans une tête vue de profil : elle suit la logique d’un visage tourné. En revanche, les raies des versions attribuées à Giampietrino (autres couleurs), placées plus à gauche, s’écartent de cette logique et tendent vers une construction plus « de face », comme si la tête était moins tournée que dans la représentation générale.
Conclusion
L’étude de la raie de la chevelure met en évidence une discordance entre Le Tableau et les versions attribuées à Giampietrino. Alors que Le Tableau reste cohérent avec une tête de trois-quarts, comme dans le Dessin de Venise, les œuvres de Giampietrino présentent une orientation de la raie qui tend vers une représentation plus frontale. Ce décalage, sans constituer un critère d’attribution isolé, s’ajoute aux autres indices formels.


